N’empoisonnez pas votre famille
Que faire si un enfant ou un animal de compagnie avale une matière pour émail, et comment tenir les matières, la poussière et le four loin d’eux pour que cela n’arrive pas.
Si quelque chose a été avalé
Si un enfant ou un animal a pu avaler, respirer ou renverser une matière pour émail, appelez tout de suite le centre antipoison de votre région, même s’il semble aller bien. N’attendez pas les symptômes. Si une personne est inconsciente, ne respire pas, a du mal à respirer ou fait une crise convulsive, appelez d’abord le numéro d’urgence.
Ce guide n’est pas un avis médical : c’est un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire qui décide de ce qu’il faut faire. Cette page vous aide à les joindre vite et, mieux encore, à ne pas avoir besoin de le faire.
| Situation | Appeler | Horaires et remarques |
|---|---|---|
| Une urgence : perte de connaissance, absence de respiration, crise convulsive | 112 | Gratuit depuis n’importe quel téléphone dans l’UE. |
| Intoxication : Centre antipoison, Paris (Île-de-France et outre-mer) | 01 40 05 48 48 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Intoxication : Centre antipoison, Angers (Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie, Pays de la Loire) | 02 41 48 21 21 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Intoxication : Centre antipoison, Bordeaux (Aquitaine, Poitou-Charentes) | 05 56 96 40 80 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Intoxication : Centre antipoison, Lille (Hauts-de-France) | 08 00 59 59 59 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Intoxication : Centre antipoison, Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes) | 04 72 11 69 11 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Intoxication : Centre antipoison, Marseille (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse) | 04 91 75 25 25 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Intoxication : Centre antipoison, Nancy (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté) | 03 83 22 50 50 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Intoxication : Centre antipoison, Toulouse (Occitanie) | 05 61 77 74 47 | 24 h/24, 7 j/7 |
| Animaux : CNITV (Lyon) | 04 78 87 10 40 | De 08 h 30 à minuit |
| Animaux : CAPAE-Ouest (Nantes) | 02 40 68 77 40 | De 08 h 30 à minuit. Gratuit. |
Vérifié sur : digital-strategy.ec.europa.eu, centres-antipoison.net et cnitv.fr.
Nous vous suggérons d’enregistrer dès aujourd’hui les numéros de votre région dans votre téléphone, et de les noter sur une fiche à l’intérieur de la porte de l’atelier.
Ce qu’il faut avoir sous la main quand vous appelez
- Le nom de la matière, exactement tel qu’il est écrit sur le sac ou le seau, et son étiquette ou sa fiche de données de sécurité (FDS : la fiche du fournisseur sur les dangers d’une matière et les premiers secours). Une photo du sac fait l’affaire.
- Pour un émail préparé, sa recette. Votre recette Glazecalc est la liste des ingrédients de l’émail.
- Quelle quantité, à peu près, et quand.
- Comment : avalé, respiré, sur la peau ou dans les yeux.
- Les symptômes apparus jusqu’ici, s’il y en a.
- Le poids approximatif de l’enfant ou de l’animal, car une même quantité compte davantage pour un corps plus petit. Pour un animal, indiquez aussi sa race, son âge et ses éventuels problèmes de santé.
Ce qu’il ne faut pas faire
Le NHS conseille : n’essayez pas de faire vomir la personne, et ne lui donnez rien à manger ni à boire. Pour un animal, ne faites rien tant que le vétérinaire ou le centre antipoison vétérinaire ne vous a pas dit quoi faire.
Si vous allez à l’hôpital, le NHS dit d’emporter l’emballage ou un échantillon si vous pouvez le faire sans danger. Pour une matière pour émail, cela veut dire l’étiquette du sac ou la fiche de données de sécurité.
Ce qu’il est le plus dangereux d’avaler
Les matières pour émaux peuvent nuire à une famille de deux façons différentes :
- Le danger aigu (les dommages causés par une seule dose, en quelques heures) est d’avaler une matière soluble, c’est-à-dire qui se dissout dans l’eau ou dans l’acide de l’estomac. Le rangement sous clé et les numéros ci-dessus permettent d’y faire face.
- Le danger chronique (les dommages causés par de nombreuses petites doses) est la poussière, surtout de silice et de plomb, qui ne provoque d’abord aucun symptôme et que l’on rapporte dans la maison sur ses vêtements. De bonnes habitudes de propreté permettent d’y faire face.
Un émail se compose surtout de silice, de kaolin et de feldspath, qui se dissolvent à peine. Nous les considérons comme un danger à long terme quand on les respire, plutôt que comme une urgence quand on les avale. Les matières solubles ci-dessous sont celles à mettre sous clé en premier.
| Matière | Effets | Doses rapportées |
|---|---|---|
| Carbonate de baryum | Autrefois vendu comme mort-aux-rats. Il se dissout à peine dans l’eau, mais il se dissout bien dans l’acide : considérez-le donc comme soluble une fois avalé. Le baryum fait chuter le potassium dans le sang, ce qui provoque vomissements, diarrhée et une faiblesse musculaire qui peut évoluer vers une paralysie, une insuffisance respiratoire et un rythme cardiaque irrégulier. Les symptômes commencent en général dans les 2 heures. | Les sources divergent. Une revue de l’OMS estime la dose mortelle de baryum absorbé par l’intestin entre 3 et 4 g dans les cas non traités, avec des effets toxiques à partir de 0,2 à 0,5 g, et cite comme plus faible dose mortelle rapportée du chlorure de baryum, un sel de baryum soluble, 11,4 mg par kg de poids corporel. Un ouvrage de référence en médecine d’urgence donne une fourchette mortelle de 1 à 30 g pour les sels de baryum, avec des effets nocifs possibles à partir d’environ 200 mg. Aucune de ces sources ne donne de chiffre pour les enfants : appelez donc quelle que soit la quantité. |
| Borax et acide borique | Nausées, vomissements, diarrhée et douleurs d’estomac viennent d’abord ; les vomissures et les selles peuvent être bleu-vert. Les cas graves entraînent une éruption rouge vif qui pèle ensuite, des convulsions, une atteinte des reins et un état de choc. | Doses mortelles minimales approximatives : 2 à 3 g pour un nourrisson, 5 à 6 g pour un enfant. Dans une revue de 784 ingestions, seules 12 % ont provoqué des symptômes et aucune n’a été mortelle, mais des décès surviennent, et il n’existe pas d’antidote. |
| Carbonate de lithium | Un enfant de 15 kg (33 lb) qui en avait avalé 300 mg a eu un bref épisode de spasmes musculaires involontaires et de réflexes exagérés (dystonie aiguë et hyperréflexie), qui est passé. | Peu de choses ont été écrites sur les jeunes enfants. 300 mg, c’est bien moins qu’une cuillerée de poudre. |
| Carbonate de soude (carbonate de sodium) | Se dissout facilement dans l’eau. Nous n’avons trouvé aucun chiffre fiable sur ses effets chez un enfant. | Aucune trouvée. Appelez quelle que soit la quantité. |
| Dichromate de potassium | Un colorant au chrome utilisé dans certaines recettes. La fiche de données de sécurité de Fisher Scientific avertit qu’il « Peut être mortel en cas d’ingestion », provoque des brûlures du tube digestif et peut endommager les reins. La même fiche avertit qu’il « Peut être mortel par inhalation » et peut provoquer le cancer, et d’un « risque possible pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant ». | Non établies, et les fiches de données de sécurité ne s’accordent pas sur sa toxicité. |
Ces quantités nocives vont de quelques centaines de milligrammes à quelques grammes. Les matières pour émaux se vendent à la livre ou au kilogramme : un seul sac ou seau ouvert en contient donc bien plus qu’il n’en faut pour nuire à un tout-petit.
Colorants et plomb
Les colorants sont les oxydes métalliques et les pigments qui donnent sa couleur à un émail : cuivre, cobalt, chrome, manganèse, nickel, pigments au cadmium-sélénium et autres. Une page d’une université sur la sécurité en céramique cite le plomb, le cadmium, le cobalt et le chrome parmi les ingrédients d’émail particulièrement dangereux. Nous n’avons trouvé de chiffre de dose fiable pour aucun colorant : appelez donc quelle que soit la quantité. Un seau d’émail préparé contient les mêmes matières que les sacs dont il vient, simplement mouillées.
Le principal danger du plomb est différent : non pas une cuillerée, mais de petites quantités de poussière avalées pendant des semaines ou des mois, sans aucun signe d’alerte (voir Le plomb et les enfants, plus bas).
Ranger les matières à la maison
Aucun organisme officiel ne fixe de règles pour ranger les matières pour émaux à la maison, mais les pages consacrées à la santé et à la sécurité s’accordent : faites ce travail dans un espace à part, loin des enfants. Le département de la Santé de Pennsylvanie, à propos des loisirs qui utilisent du plomb, dit : « Utilisez un espace de travail réservé ou un garage pour votre loisir et tenez les enfants à l’écart de cette zone. »
Liste de contrôle pour le rangement
Ce sont des règles générales de prévention des intoxications, appliquées à l’émail. Aucune norme céramique ne les fixe, mais nous les suggérons toutes :
- Gardez les matières sèches sous clé : dans une armoire, ou dans une pièce, un garage ou un abri de jardin qui ferme à clé. Une étagère haute aide, mais les enfants grimpent. Si vous ne pouvez mettre que quelques produits sous clé au début, commencez par les matières solubles et les colorants.
- Gardez les matières dans leurs sacs ou pots d’origine. Si vous en transvasez une dans un autre récipient, étiquetez-le avec le nom exactement tel qu’il est écrit sur le sac.
- N’utilisez jamais de récipients d’aliments ou de boissons (pots de yaourt, bocaux, bouteilles) pour les matières pour émaux, même étiquetés. Un enfant sait ce que contient un pot de yaourt.
- Gardez les outils de l’atelier (pelles doseuses, cuillères, fouets, tamis, balances) dans l’atelier. N’utilisez jamais d’ustensiles de cuisine pour l’émail, ni d’outils d’émaillage pour la nourriture.
- Gardez les bains d’émail dans des seaux étiquetés, couvercle fermé.
- Gardez la fiche de données de sécurité de chaque matière avec elle, sur papier ou sur votre téléphone.
- Ne gardez rien de l’atelier dans la cuisine : ni sacs, ni seaux, ni outils, ni tessons d’essai.
Pour en savoir plus sur l’achat et le rangement des matières, voir Comment préparer un émail.
Déchets d’émail et eau de rinçage
Ne versez jamais d’émail, ni l’eau dans laquelle vous avez rincé des outils d’émaillage, dans l’évier ou dans le jardin. Le Crafts Council britannique suggère un seau d’eau à part pour laver les mains, les pinceaux, les tamis et les outils. Laissez-le décanter une nuit, videz l’eau claire, puis faites sécher l’émail déposé et jetez-le à la poubelle (il part en décharge), jamais dans les canalisations.
Nous suggérons de mettre un couvercle sur ce seau : la boue contient les mêmes métaux que l’émail, et les animaux boivent l’eau stagnante. Les règles d’élimination varient d’un endroit à l’autre : consultez donc la fiche de données de sécurité de chaque produit, et renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre service des eaux en cas de doute.
Garder la poussière dans l’atelier
Le département de la Santé de Pennsylvanie pose clairement le problème : « La poussière contaminée par le plomb issue de votre loisir peut se fixer sur vos vêtements, vos chaussures, vos cheveux, votre peau et vos effets personnels, et passer facilement dans votre véhicule et sur les surfaces de votre maison. » Les CDC ajoutent que les adultes « peuvent rapporter du plomb chez eux et exposer leur famille au plomb sans le savoir ». Les recommandations de Pennsylvanie donnent la solution :
- Lavez-vous les mains avant de manger.
- Quittez vos vêtements et chaussures d’atelier avant d’entrer dans la maison.
- Lavez les vêtements d’atelier séparément du linge de la famille.
- Passez régulièrement l’aspirateur dans la maison et la voiture avec un aspirateur HEPA (équipé d’un filtre à haute efficacité qui retient les poussières fines).
Les règles de la maison que nous suggérons
- Aucun travail de la terre ou de l’émail sur la table de la cuisine ou de la salle à manger, même pour une tâche rapide.
- Nettoyez l’atelier à l’humide. Une page d’une université sur la sécurité en céramique dit d’éviter le balayage à sec, de n’aspirer qu’avec un filtre HEPA et de passer la serpillière humide chaque jour. Essuyez aussi les surfaces avec un chiffon humide après chaque séance.
- Traitez toute poussière d’émail comme de la poussière de plomb, même si vos émaux sont sans plomb. La poussière qui contient du baryum, du chrome, du cobalt ou du manganèse est rapportée dans la maison de la même façon.
- Brossez-vous les mains et les ongles avant de prendre un enfant dans vos bras, de préparer à manger ou de caresser un animal.
- Ne laissez pas les enfants jouer dans l’atelier, et ne le laissez pas devenir un raccourci vers la cour ou le jardin.
Grossesse et allaitement
Nous suggérons une prudence accrue si une personne de la maison est enceinte ou allaite. Tenez-la à l’écart de l’atelier pendant que vous manipulez des matières sèches et, si vous avez utilisé du plomb, demandez à son médecin ou à sa sage-femme si un dosage du plomb dans le sang est utile pour le foyer.
Pour maîtriser la poussière pendant le travail (masques de protection respiratoire, méthodes à l’humide et ventilation), voir Préparation en sécurité et ventilation.
Le plomb et les enfants
Le plomb est le risque silencieux. Les CDC citent « le mélange ou l’application d’émaux ou de pigments contenant du plomb » parmi les loisirs qui peuvent exposer au plomb, et avertissent que « la plupart des enfants et des adultes exposés au plomb n’ont aucun symptôme ». Selon leurs termes, « la seule façon de savoir si vous ou votre enfant avez été exposés est un dosage du plomb dans le sang ».
Pourquoi les enfants en absorbent davantage
Les enfants absorbent plus de poussière domestique que les adultes. Ils respirent plus d’air par rapport à leur poids, et l’EPA américaine note que les jeunes enfants « ont souvent des taux d’ingestion de terre et de poussière plus élevés en raison de comportements qui leur sont propres, comme le fait de marcher à quatre pattes et de porter les mains ou des objets à la bouche ». Pour le plomb, la poussière qu’un enfant avale depuis le sol, ses mains et ses jouets compte davantage que celle qu’il respire.
Le dosage sanguin et le chiffre 3,5
La plombémie se mesure en µg/dL (microgrammes de plomb par décilitre de sang, le décilitre étant un dixième de litre). La valeur de référence de plombémie des CDC est de 3,5 µg/dL ; elle était de 5 µg/dL jusqu’à son abaissement en 2021. C’est le niveau sous lequel se trouvent 97,5 % des enfants américains âgés de 1 à 5 ans : un enfant qui l’atteint ou le dépasse a donc plus de plomb dans le sang que presque tous les enfants de son âge. Les CDC précisent que cette valeur « n’est pas fondée sur la santé et n’est pas une norme réglementaire » et, en l’abaissant, ils ont déclaré : « L’exposition au plomb est nocive pour les enfants, quel que soit son niveau. »
Ainsi, 3,5 µg/dL est un signal qui appelle un suivi, pas une limite sans danger. Un résultat inférieur ne veut pas dire que le plomb n’a fait aucun mal. Un résultat égal ou supérieur veut dire qu’il faut trouver d’où vient le plomb ; les CDC recommandent de confirmer un résultat obtenu par piqûre au doigt par une prise de sang veineux. Hors des États-Unis, les médecins suivent leurs propres recommandations, et le vôtre vous expliquera ce que signifie un résultat.
Ce que nous suggérons
- Utilisez des émaux sans plomb quand vous le pouvez. Dans un foyer avec de jeunes enfants, nous suggérons de ne pas utiliser de plomb du tout.
- Si vous avez utilisé des frittes au plomb (du plomb déjà fondu dans un verre puis broyé en poudre), ou de vieux émaux dont vous ne connaissez pas la composition, parlez au médecin de votre enfant d’un dosage du plomb dans le sang.
- Appliquez les règles ci-dessus sur la poussière à tous les émaux, pas seulement à ceux qui contiennent du plomb.
Glazecalc laisse le plomb désactivé, sauf si vous l’activez sous Paramètres. Plomb désactivé, Glazecalc n’ajoute jamais de plomb à une recette et n’en propose jamais.
Animaux de compagnie
Nous n’avons trouvé aucune étude ni recommandation vétérinaire écrite pour les animaux qui vivent chez des céramistes. Les conseils de cette section relèvent du bon sens et s’appuient sur des faits généraux concernant le plomb, le baryum et les oiseaux. Ils ne viennent pas d’une source vétérinaire.
Ce que l’on sait
Le Pet Poison Helpline indique que « le plomb est toxique pour toutes les espèces, mais les animaux jeunes et/ou mal nourris sont les plus exposés à l’intoxication », avec des signes comme des vomissements, de la diarrhée, un refus de manger, une démarche chancelante, des convulsions et la cécité. Un compte rendu de cas vétérinaire décrit un chien qui avait mangé des cierges magiques contenant du nitrate de baryum (un sel de baryum soluble, pas une matière d’émail) : il a présenté une faiblesse soudaine, une salivation excessive et un rythme cardiaque irrégulier, et s’est rétabli grâce à un traitement vétérinaire. Les oiseaux sont un cas à part : un vétérinaire de l’université de l’Illinois explique que « les oiseaux ont un système respiratoire très perfectionné et ultra-efficace, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l’inhalation de fumées et d’aérosols ».
Règles de bon sens
- Gardez les animaux hors de l’atelier, porte fermée.
- Les chiens mâchonnent les sacs et boivent dans les seaux. Gardez les sacs dans une armoire fermée et un couvercle sur chaque seau.
- Les chats marchent dans la poussière, puis la lèchent sur leurs pattes et leur pelage. Nettoyez le sol à l’humide et gardez les chats hors de l’atelier, pour qu’ils n’aient rien à lécher en faisant leur toilette.
- Les oiseaux et les petits mammifères (lapins, cochons d’Inde, hamsters) partagent l’air de la maison. Gardez-les dans une pièce éloignée, porte fermée, pendant que vous manipulez des matières sèches et pendant la cuisson.
- Les aquariums recueillent la poussière qui se dépose. Gardez-les hors de l’atelier, et couverts.
- Gardez les gamelles de nourriture et d’eau loin de l’atelier et du four, et utilisez des gamelles du commerce ou testées, pas des essais d’atelier.
Si un animal a pu manger ou boire quoi que ce soit venant de l’atelier, ou s’il montre des signes comme ceux décrits plus haut, appelez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire (voir le tableau en haut de la page), en ayant sous la main le nom de la matière et le poids de l’animal.
Le four
L’extérieur devient assez chaud pour brûler
Une évaluation des risques pour les écoles britanniques indique que l’extérieur d’un four « peut atteindre 160 °C et peut-être davantage » (environ 320 °F), et un guide des fours scolaires signale des cerclages métalliques jusqu’à 460 °F (environ 240 °C). Skutt, un fabricant de fours, recommande une pièce pour le four que l’on peut fermer à clé pour en interdire l’accès aux enfants et aux animaux. Là où une pièce ne peut pas être fermée à clé, le guide scolaire suggère une barrière, comme un écran de sécurité pour four.
Nous suggérons de tenir les jeunes enfants et les animaux, qui ne peuvent pas comprendre un panneau d’avertissement, derrière une porte fermée à clé ou une barrière pendant la cuisson et pendant le refroidissement, et d’afficher un panneau d’avertissement pour tous les autres.
L’espace autour du four
Les sources divergent sur la distance de sécurité. Rio Grande indique au moins 12 pouces (30 cm) des murs et de tout ce qui est combustible. L&L recommande vivement 18 pouces (46 cm) par rapport à tous les murs, et le code de la construction qu’il cite demande 3 pieds (0,9 m) par rapport aux murs combustibles. Suivez le manuel de votre four et la réglementation incendie locale ; en cas de doute, laissez 18 pouces par rapport à tout mur et 3 pieds par rapport à tout ce qui peut brûler. Dans un garage, tenez voitures, carburant et peinture bien à l’écart.
L’alimentation électrique
Rio Grande recommande un circuit électrique dédié (qui n’alimente rien d’autre) avec une prise correctement reliée à la terre. Nous suggérons de ne pas utiliser de rallonge. Entre deux cuissons, coupez le disjoncteur ou l’interrupteur-sectionneur du four, ou débranchez-le, pour qu’un enfant ne puisse pas le mettre en marche.
Soyez là à la fin de la cuisson
Un Kiln-Sitter (coupe-circuit à cône) est l’interrupteur mécanique de nombreux fours à commande manuelle : un petit cône se courbe à la fin de la cuisson et déclenche la coupure. Son manuel précise qu’il « n’est PAS conçu pour servir de dispositif de coupure à sécurité intégrée ». Rio Grande dit de ne jamais laisser un four en cuisson sans surveillance, « surtout à l’approche de l’heure d’arrêt prévue ». Restez donc à proximité et vérifiez le four pendant la cuisson, surtout vers la fin ; ne lancez une cuisson que si un adulte est à la maison et éveillé pendant toute la cuisson, vérifiez que le four s’est bien arrêté, et gardez un extincteur ABC dans la pièce du four. Pour le fonctionnement des Kiln-Sitter, des programmateurs et des courbes de cuisson, voir Cuire dans un four simple.
Fumées et monoxyde de carbone
La cuisson dégage des fumées : évacuez donc les fumées du four vers l’extérieur ; Préparation en sécurité et ventilation explique comment. Un four installé dans un garage attenant à la maison a besoin d’une évacuation qui empêche les fumées d’atteindre la maison par la porte de communication. Gardez les oiseaux dans une pièce éloignée chaque fois que le four est en cuisson.
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz toxique que vous ne pouvez ni voir ni sentir. Une fiche d’une université sur la sécurité des fours exige des détecteurs de CO avec les fours à gaz. Les avis divergent pour les fours électriques, mais la combustion des matières organiques (dans la terre, ou dans des choses comme le papier ou la cire) peut produire du CO. Nous pensons qu’un détecteur de CO dans la pièce du four et dans les pièces voisines est une précaution sensée et peu coûteuse, quel que soit le four.
Les regards du four et les yeux
Le rayonnement infrarouge, que vous ne pouvez pas voir, « commence à 752°F (400°C) », et le Ceramic Arts Network indique qu’au-delà, il faut toujours porter une protection oculaire pour regarder dans un four. L’infrarouge peut endommager le cristallin de l’œil et provoquer une cataracte, et le fait de regarder longtemps peut léser la rétine. Les lunettes de soleil et les lunettes au didyme ne le bloquent pas.
Les enfants ne doivent pas du tout regarder dans un four. Le regard rougeoyant d’un four les attire, et on ne peut pas compter sur eux pour garder des lunettes de protection : tenez-les donc à l’écart tant que le four est chaud. Les adultes ne doivent regarder que brièvement, à travers des lunettes de soudage anti-IR. Les sources recommandent des teintes de 1,7 à 5 ; la teinte 3 est un choix raisonnable, ou une teinte plus foncée si vous voyez des taches ensuite.
Les pièces faites main sur la table familiale
Pour les pièces posées sur la table familiale, la question est le relargage : des métaux qui passent de l’émail cuit dans les aliments ou les boissons. La FDA avertit que si une poterie « n’est pas fabriquée correctement, ce plomb peut être relargué dans les aliments et les boissons », et qu’« aucun lavage, aucune ébullition ni aucun autre procédé ne peut retirer le plomb d’une poterie ». Les autorités de réglementation, comme la FDA américaine et l’UE, limitent la quantité de plomb et de cadmium qu’une pièce finie libère lors d’un test standard à l’acide, et non ce que contient l’émail. La limite américaine la plus stricte, pour les tasses, les mugs et les pichets, est de 0,5 µg/mL de plomb.
Sans plomb ne veut pas dire apte au contact alimentaire
Un émail sans plomb peut tout de même relarguer des métaux. Digitalfire, une référence en chimie des émaux, désigne comme préoccupants les émaux contenant « des colorants à base d’oxydes de métaux lourds, du baryum, du lithium ou du plomb », et avertit qu’un pigment cuit au-delà de sa température nominale peut libérer du cadmium. L’étiquette ASTM D-4236 des matériaux d’art, sur un pot, « N’ÉTABLIT PAS qu’un émail cuit est apte au contact alimentaire », et « les fabricants de vaisselle doivent tester toutes les pièces finies pour établir leur statut de vaisselle de table ».
« Apte au contact alimentaire » veut dire que cet émail, sur cette terre, cuit à ce cône, appliqué de cette façon, libère moins que les limites légales. Un calcul de recette, y compris celui de Glazecalc, peut signaler une recette à risque, mais ne peut pas prouver qu’une pièce est sans danger. Seul un test de relargage de la pièce cuite le peut.
Nous suggérons de voir la mention « alimentaire » sur un émail du commerce comme un bon point de départ, pas comme une garantie : une autre terre, une couche plus épaisse, un autre cône ou un second émail par-dessus change le résultat.
Les tests
Les laboratoires testent les pièces cuites par un trempage standard dans l’acide qui représente le pire des cas, comme l’ASTM C738 aux États-Unis. Le test UE d’un laboratoire demande quatre pièces identiques et prend sept jours ouvrés : faites donc des exemplaires en plus de tout ce que vous comptez faire tester.
Les tests maison sont contestés. La FDA indique que les kits de test à domicile par frottis peuvent révéler du plomb susceptible d’être relargué, et qu’une pièce dont le test est positif ne doit pas être utilisée pour les aliments. Ceramics NZ avertit que les stylos de détection du plomb vendus au grand public « ne sont pas conçus pour cet usage » sur la céramique et peuvent donner de faux positifs. Digitalfire suggère de laisser une tranche de citron sur l’émail pendant une nuit, comme dépistage grossier. La lecture prudente : un test maison positif veut dire qu’il faut cesser d’utiliser la pièce pour les aliments, et un test négatif ne prouve rien. Seul un laboratoire peut vous dire qu’une pièce est sans danger.
Pièces tressaillées
Le tressaillage est un réseau de fines fissures à la surface de l’émail, et les sources ne s’accordent pas à son sujet. Une expérience de Ceramics Monthly a montré que des tessons d’essai tressaillés pouvaient être nettoyés, au mieux au lave-vaisselle, même s’ils ressortaient moins propres que des tessons non tressaillés après un lavage à l’eau et au savon. Digitalfire estime que « les pièces tressaillées sont inacceptables » et que le tressaillage « affaiblit gravement les pièces ». La ligne de conduite prudente est simple : n’utilisez pas de pièces tressaillées pour les aliments.
Émaux intérieurs
Un émail intérieur est l’émail de l’intérieur d’une tasse ou d’un bol, là où se trouvent les aliments. Digitalfire décrit un émail intérieur dont le risque peut être assez faible pour l’utiliser sans test en laboratoire : sans colorants, baryum, plomb ni lithium ; entièrement fondu ; sans tressaillage ; et résistant à l’usure. Même alors, seul un test de relargage de vos propres pièces cuites montre si elles sont aptes au contact alimentaire. Les signes d’alerte, pour tout émail, sont de fortes quantités de colorant, des cristaux en surface et une fonte insuffisante.
Les règles familiales que nous suggérons
- Tasses, bols et assiettes des enfants : uniquement des émaux intérieurs testés en laboratoire et résistants, ou de la vaisselle du commerce.
- Ne conservez pas d’aliments ni de boissons acides (agrumes, tomate, vinaigre, jus de fruits, vin) dans des pièces recouvertes d’un émail que vous n’avez pas fait tester.
- N’utilisez pas de pièces tressaillées pour les aliments.
- Les tessons d’essai et les expériences restent dans l’atelier, jamais dans la cuisine, le coffre à jouets ou la gamelle de l’animal.
- Faites aussi attention aux autres poteries. La FDA conseille la prudence avec les pièces faites main ou d’aspect grossier, les antiquités, les pièces abîmées ou usées, les trouvailles de brocante et les décors orange vif, rouge vif ou jaune vif.
- Si un enfant a utilisé une poterie dont vous doutez maintenant, la FDA dit de parler à un médecin d’un dosage du plomb dans le sang.
Pour en savoir plus sur la fonte des émaux, sur la raison pour laquelle certains relarguent des métaux et sur ce que signifient les limites, voir Les principes de base de l’émaillage.
Sources
- America’s Poison Centers : Poison Help
- Poison Control (poison.org) : webPOISONCONTROL
- NHS : Poisoning
- National Poisons Information Service (Royaume-Uni)
- National Poisons Information Centre of Ireland : Public Poisons Line
- European Commission : 112, the European emergency number
- healthdirect : Poisoning
- National Poisons Centre (Nouvelle-Zélande)
- ASPCA : Animal Poison Control
- Pet Poison Helpline
- Animal PoisonLine (Royaume-Uni)
- Animal Poisons Helpline (Australie et Nouvelle-Zélande)
- PubMed Central : Non-fatal acute barium carbonate poisoning, a case report (2025)
- WHO IPCS : Environmental Health Criteria 107, Barium (1990)
- Fisher Scientific : Potassium dichromate safety data sheet (2007)
- WikEM : Boron toxicity
- NPIC et US EPA : Recognition and Management of Pesticide Poisonings, chapitre 9 (PDF)
- medlibrary.org : Lithium carbonate prescribing information
- CDC : About Lead in Jobs, Hobbies, or Other Activities
- CDC : Blood Lead Reference Value
- US EPA : livret sur la santé des enfants (2018, PDF)
- Pennsylvania Department of Health : Non-Occupational Lead Exposure (PDF)
- Western Carolina University : Ceramics Safety
- Crafts Council (Royaume-Uni) : How to make your pottery practice greener
- Pet Poison Helpline : Lead
- Vet Candy : Sparkler ingestion results in barium toxicity
- University of Illinois College of Veterinary Medicine : Bird toxins
- Skutt : Designing a Kiln Room (PDF)
- Kiln Management, guide pour les écoles (PDF)
- L&L Kiln : Front-loader installation checklist (PDF)
- Rio Grande : PMC Kilns Handbook (PDF)
- Dawson : manuel du Kiln-Sitter LT-3 (PDF)
- Ceramic Arts Network : In the Studio, Eye Health for Potters
- FDA : Questions and Answers on Lead-Glazed Traditional Pottery
- FDA : Compliance Policy Guide 545.450, le plomb dans les poteries (PDF)
- Digitalfire : Food Safe
- Ceramics NZ : Is it food safe?
- Ceramic Arts Network : Techno File, Dirty Dishes